La culture égyptienne est fortement imprégnée de traditions locales et d'habitude. Les Egyptiens sont riches d'une culture populaire qui s'est construite autour d'une civilisation très ancienne présente dans la vie quotidienne de la population. La culture de l'Egypte est d'une très grande richesse et particulièrement intéressante à découvrir.
L'Egypte occupe une position dominante dans le secteur intellectuel et culturel notamment dans les années 1960. La politique culturelle menée à l’ère de Mohammed Ali a poussé les colonies étrangères à s'installer en Egypte. Les écoles de la mission française connaissent un grand essor. L'usage du français se répand dans les couches les plus élevées de la société. Le français devient la langue des échanges et des débats entre intellectuels égyptiens et étrangers, de toute nationalité. La langue française ne se cantonne pas à un rôle de communication, mais donne lieu à une production littéraire, journalistique extrêmement riche et développée. C'est d'ailleurs l'occasion pour Le Caire et Alexandrie de rivaliser, mais jusqu'à la période nassérienne, c'est à la ville méditerranéenne que revient le qualificatif de capitale intellectuelle, grâce au cosmopolitisme de ses habitants.
De grandes carrières littéraires naissent en Egypte, notamment avec Edmond Jabès, George Hénein, Andrée Chédid et surtout Albert Cossery qui sont tous des écrivains égyptiens d'origine d'expression française. La France joue aussi un rôle majeur dans la vie de deux écrivains majeurs égyptiens du XXe siècle : Taha Hussein et Tawfik El-Hakim.
Le premier, Taha Hussein, jeune aveugle qui reçoit sa première éducation à l'école et à l'Université d'Al-Azhar, va en France à la Sorbonne pour y poursuivre ses études de littérature. Il reviendra en Egypte pour y suivre une grande carrière politique au sein du monde de l'éducation. Ses oeuvres majeures, Le Livre des jours, La Traversée intérieure et Au-delà du Nil, sont empreints de son passage et de sa formation en France.
Le deuxième de ces auteurs Tawfik El-Hakim, est un magistrat qui commença sa carrière de juriste entre Le Caire, Tanta et Alexandrie. Il a d'ailleurs écrit des mémoires très intéressantes sur la mentalité des villageois égyptiens, souvenirs de ses années de magistrature, sous le titre de Journal d'un substitut de campagne. Il va en France pour se lancer dans une carrière d'auteur dramatique et revient en Egypte pour y devenir le plus grand auteur de pièces de théâtre du XXe siècle. Ses pièces sont autant de descriptions de l'Egypte. Son regard d'il y a cinquante ans, a toujours le même intérêt de nos jours. La révolution nassérienne va museler le milieu culturel en décrétant obligatoire l'utilisation de la langue arabe. Le projet national de Nasser fut mis en application dès 1958.
Pourtant, pendant cette période Naguib Mahfouza continué d'écrire. Son écriture aride ne le rend pas populaire en France où l'on attribue sa notoriété au prix Nobel qu'il a obtenu en 1988. Naguib Mahfouz est donc à part dans le monde de la littérature égyptienne. Né en 1911, à 17 ans, il fait ses premières armes dans le domaine littéraire. On le connaît surtout pour sa célèbre trilogie qui raconte un demi-siècle d'histoire de l'Egypte au travers de la vie d'une famille bourgeoise d'un quartier populaire du Caire, celui où il a vécu. On peut lire : Passage des miracles, Les Fils de la médina, publié en 1959 et qui lui valut d'être sauvagement poignardé en 1994 par deux islamistes qui venaient rappeler après quelques années(on parlait alors des Versets sataniques de Rushdie) qu'il fut accusé de blasphème à la sortie de cet ouvrage qui fut interdit. Ses derniers ouvrages qui ont été écrits au début des années 1990 ont moins de force littéraire que ceux composés les mêmes années que sa trilogie. Si Akhenaton le renégat et Le Jour de l'assassinat du leader ont un intérêt documentaire, on ne sent plus la force du maître. Naguib Mahfouz meurt le 30 août 2006. On trouve aujourd'hui Les Fils de la Médina en Egypte. Naguib Mahfouz fait néanmoins partie du trio indissociable, avec Taha Hussein et Tawfik El-Hakim.
Ces trois grands de la littérature égyptienneracontent, en arabe, la vie du monde dont ils sont issus, celui des petites gens du Caire, sans se laisser enfermer dans les structures traditionnelles de la narration arabe. Mahfouz, par exemple, reconnaît que la lecture de traductions (anglaises) d'auteurs français contemporains comme Nathalie Sarraute a profondément influencé sa manière d'écrire. C'est à ce titre que les trois auteurs en question passent pour les pères du roman arabe moderne.
Leurs héritiers, aujourd'hui dans la force de l'âge, brossent des témoignages passionnants de cette société. Ils s'appellent Gamal Al-Ghitany, Nabil Naoum ou Sonallah Ibrahim... Ces écrivains jouent pleinement leur rôle d'intellectuels et font preuve d'une belle polyvalence. Ils écrivent des scénarios pour la télévision, des chroniques dans la presse... Charaf ou l'honneur, Les Années de Zeit sont parmi les livres les plus connus de Sonallah Ibrahim. Dans ces ouvrages, l'auteur observe la société égyptienne par le biais de prismes. Sonallah Ibrahim frappe toujours fort. Gamal Al-Ghitany, qui était aussi le rédacteur en chef de l'hebdomadaire littéraire Akhbar al Adab est plus modéré. Ses derniers ouvrages, dont Les Illuminations, sont plus mystiques, et influencés par le soufisme. Tous ces auteurs sont traduits en français.